
Chers internautes,
voici la deuxième chronique sur le thème de l'édition numérique. Un nouvel angle a été choisi : l'auteur s'appuie ici sur les propos de Frédéric Beigbeder. Bonne lecture à tous !
PS : pour information, 6 chroniques en tout seront publiées sur l'édition numérique (d'ici mi octobre environ) afin d'avoir des réactions diverses. Nous changerons ensuite de sujet !
Première Chronique avant l'Apocalypse
Pour Beigbeder il s'agit d'un ' Premier Bilan après l'Apocalypse ' à propos de l'édition numérique ; en effet dans son essai, l'auteur y défend farouchement l'édition littéraire dite ' classique ' et tire la sonnette l'alarme en ce qui concerne la destitution du papier ; pour nous cette numérisation de l'édition reste un territoire peu connu. On n'ose pas vraiment s'y aventurer par manque de repères et d'informations. Qu'est-ce que l'édition numérique ? Comment dois-je m'y prendre ? Est-ce que ça va me coûter cher ? Et bien d'autres questions qui nous semblent légitimes de poser à l'heure où certains annoncent la mort du livre tel le disque, son cousin martyr. Apocalypse ou non, alarme ou pas, un bilan sur l'état de l'édition numérique en 2011 s'impose.
Sur le papier, l'édition numérique est une chose simple : prendre des romans papiers et les mettre à disposition sous forme numérique. Il faudra par la suite trouver un moyen de lecture qui ira au-delà de nos bons vieux ordinateurs.
Mais pour lire, soyons honnêtes, la tablette numérique a lifté le monde de l'édition numérique. Lire sur une tablette tactile devient soudain branché, c'est l'objet à avoir en compagnie du Smartphone. Voilà donc l'offre de lecture numérique qui s'ouvre à des millions de lecteurs potentiels puisqu'avant pour lire numériquement il fallait acheter une liseuse. La liseuse c'est la galette rectangulaire pas très glamour dont la fonction mère est celle de pouvoir lire des livres numériques à la manière d'un vrai livre. Outre l'espace de stockage, l'enjeu est ici le confort visuel. La FNAC s'est essayée à la commercialisation d'une liseuse, le ' FnacBook ' qui est aujourd'hui un échec tandis que les ' iPad ' et autres ' Galaxy Tab ' pour ne citer qu'eux, se vendent comme des petits pains.
Nous en sommes donc là, pour lire en mode numérique il faut un objet assez onéreux qui permettra d'obtenir une somme importante de romans. Mais pour se les procurer c'est un peu la foire du coin, chacun s'y prend comme il veut pour les commercialiser. Les prix varient selon les formules, abonnement ou non, ou encore à l'unité comme chez Amazon. C'est totalement flou et on se retrouve à faire du cas par cas selon la machine possédée. Décourageant !
Après ce très succinct tour d'horizon du côté technique de l'édition numérique, revenons à notre cheval de bataille : redonnons la parole à Beigbeder pour analyser son combat. Cet homme a peur, peur d'assister à la suprématie des tablettes face au livre, telle la prise de pouvoir des baladeurs MP3 sur le disque. Les trente premières pages de son dernier essai concernent cette peur, mais est-elle pour autant vraiment justifiée ? Il ne faut pas se mentir : notre société tend vers un tout numérique à grand coups de propos bien huilés comme l'économie de papier ou encore les ' fabuleuses ' possibilités d'emmener des milliers de romans avec soi partout et tout le temps.
Mais pourquoi alors ?
Pourquoi vouloir emmener des romans partout avec soi... alors qu'on n'en lit qu'un seul à la fois ! Pourquoi acheter une tablette... alors que les trois quarts d'entre nous n'ont pas les moyens ! Un livre coûte bien moins cher...
C'est pour cela qu'il faut prendre du recul et surtout du temps, la vérité est celle de l'ignorance de la tendance future : le secteur est encore trop peu développé pour affirmer un changement de mode de consommation du livre. Mais vous, amoureux du livre, ne basculez pas de l'autre côté : le livre est fait pour être sur papier et non en fichiers numérique sans âme. Dans une société du prêt à consommer laissons-nous encore le temps de la lecture loin de toute technologie.
Surveillons l'avenir avec méfiance en nous rappelant cette phrase de Beigbeder sur l'édition numérique : ' L'indifférence des endormis ne signifie pas que ce qui arrive n'est pas grave. '
Roman M.